
Mis à jour le 11 septembre 2026
Cette page explique le calcul, l’origine de l’indicateur, le contenu de ses cinq zones, et surtout ses limites. Tous les chiffres qu’elle avance ont été mesurés sur les clôtures quotidiennes publiées par 21radar, et le graphique qui suit se calcule en direct sur les mêmes données.
Le multiple de Mayer, du calcul à la lecture
Une division, et rien d’autre
Le multiple de Mayer rapporte le cours du bitcoin à sa moyenne mobile sur deux cents jours. Le résultat n’a pas d’unité et ne dépend pas du niveau du cours, si bien qu’un bitcoin à trente dollars en 2011 et un bitcoin à cent mille dollars aujourd’hui donnent parfois exactement le même nombre.
La moyenne mobile 200 jours est la somme des deux cents dernières clôtures divisée par deux cents. Elle avance d’un cran chaque jour, la clôture la plus ancienne sort du calcul, la nouvelle y entre. Le module de cours du bitcoin la trace en même temps que le prix, et le multiple n’en est que la lecture en rapport plutôt qu’en montant.
Le calcul, posé noir sur blanc
Le calcul divise le cours du jour par la moyenne des deux cents dernières clôtures, et rien d’autre n’y entre. Le chiffre obtenu dépend en revanche de trois conventions, qui expliquent qu’un même jour donne parfois deux valeurs légèrement différentes d’un site à l’autre :
- une moyenne arithmétique, jamais exponentielle
- des journées comptées en temps universel
- des clôtures quotidiennes, jamais un prix intrajournalier
21radar retient les trois, et le multiple n’existe donc qu’à partir de la deux-centième clôture de la série. Le premier chiffre calculable date du 5 mars 2011, pour une série qui commence le 18 août 2010.
Un exemple pris sur le record d’octobre 2025
Le 7 octobre 2025, le bitcoin a inscrit son record à 124 777 $. Sa moyenne 200 jours valait ce jour-là 105 900 $, et le multiple s’établissait donc à 1,18. Le cours battait son plus haut de tous les temps, et il ne dépassait sa propre moyenne que de dix-huit pour cent.
Un record de cours n’est donc pas un extrême du multiple, et l’indicateur commence par apprendre cela. Il ne mesure pas la hauteur, il mesure l’écart à une référence qui monte avec le cours.
D’où vient l’indicateur
Trace Mayer, investisseur de la première heure
Le multiple de Mayer porte le nom de Trace Mayer, un investisseur américain formé à la comptabilité et au droit, lecteur de l’école autrichienne d’économie. Il a recommandé publiquement le bitcoin quand sa capitalisation ne dépassait pas deux millions de dollars, investi dans BitPay, Armory et Kraken, et animé pendant des années le Bitcoin Knowledge Podcast. En 2019, il a lancé la journée Proof of Keys, fixée au 3 janvier, qui invite les détenteurs à retirer leurs bitcoins des plateformes le jour anniversaire du bloc de genèse.
Une date que personne ne documente
La date de naissance de l’indicateur n’est établie nulle part, et mieux vaut le savoir avant de le citer. Les pages qui le présentent donnent 2015, 2016 ou 2017 selon les auteurs, aucune ne renvoie à une publication d’origine, et il n’existe ni article ni intervention datée qui fasse référence.
L’attestation solide porte sur le contenu plutôt que sur le calendrier. Le multiple est bien de Trace Mayer, le seuil de 2,4 vient de ses propres travaux, et la page que The Investor’s Podcast lui consacre depuis 2018 en donne la lecture historique la plus détaillée.
Le seuil de 2,4 sort d’une simulation, pas d’une théorie
Le seuil de 2,4 vient d’un test rétrospectif mené par Trace Mayer sur l’historique dont il disposait à l’époque. Il a simulé des achats réguliers sous différents plafonds, et 2,4 ressortait comme le plafond qui donnait le meilleur résultat à long terme dans ses données. CoinDesk le résumait ainsi en février 2019.
Un seuil obtenu par simulation n’est pas une loi, il donne le meilleur ajustement sur un échantillon. Celui-ci a été calibré sur un marché de quelques années, un seul actif et une seule stratégie, autant de limites dont la suite de cette page donne la mesure.
Pourquoi deux cents jours
Les deux cents jours ne viennent pas du bitcoin, ils viennent de la bourse, où la moyenne mobile 200 jours sert de repère de tendance longue depuis des décennies. Trace Mayer a repris un instrument que les marchés actions utilisaient déjà, sans en modifier la longueur.
Le même nombre ne couvre pourtant pas la même durée. Une bourse compte environ deux cent cinquante séances par an, si bien que deux cents séances y remontent à neuf ou dix mois. Le bitcoin, lui, cote tous les jours de l’année, week-ends et jours fériés compris, et deux cents clôtures n’y remontent qu’à six mois et demi. L’indicateur mesure donc une fenêtre sensiblement plus courte que son modèle boursier.

Les cinq zones et la part d’histoire de chacune
Les bornes des cinq zones
Les cinq zones du multiple de Mayer découpent l’échelle en tranches, des plus basses aux plus hautes, et chacune correspond à une part mesurable du passé. Le tableau les donne avec leur fréquence réelle, calculée sur les 5 669 clôtures qui vont du 5 mars 2011 au 10 septembre 2026, en dollars.
| Zone | Bornes | Part du temps | Sa lecture |
|---|---|---|---|
| bon marché | sous 0,8 | 17,0 % | le cours descend à plus de vingt pour cent sous sa moyenne |
| bas | 0,8 à 1 | 21,2 % | le cours passe sous sa moyenne sans s’en écarter beaucoup |
| neutre | 1 à 1,5 | 41,6 % | le régime ordinaire du cours depuis quinze ans |
| haut | 1,5 à 2,4 | 14,9 % | le cours s’éloigne nettement de sa référence |
| cher | au-dessus de 2,4 | 5,3 % | le plafond retenu par Trace Mayer est franchi |
La zone neutre occupe deux jours sur cinq
La zone neutre, entre 1 et 1,5, couvre à elle seule 41,6 % de l’histoire cotée. Le cours du bitcoin se tient donc le plus souvent un peu au-dessus de sa moyenne, et la médiane du multiple le confirme, à 1,12 sur toute la période mesurée.
Cette dissymétrie n’a rien d’anecdotique. Un actif dont le prix a monté sur quinze ans passe mécaniquement plus de temps au-dessus de sa moyenne qu’en dessous, et la mesure le montre, avec 61,8 % des clôtures au-dessus de 1.
Les extrêmes sont plus rares qu’on ne l’imagine
Au-dessus de 2,4, l’histoire du bitcoin ne compte que 303 jours, répartis en vingt-deux épisodes distincts. Quinze de ces épisodes ont duré moins d’une semaine, et le plus long, quatre-vingt-six jours, remonte au printemps 2011, quand le cours est passé de deux à trente dollars en quelques mois.
Le bas de l’échelle se rencontre un peu plus souvent, avec 17 % du temps sous 0,8, et il se concentre sur les longues phases de baisse qui suivent chaque sommet. Ces périodes figurent parmi les dates clés du Bitcoin, et leur durée dépasse toujours celle des sommets.

Pourquoi le cadran de 21radar est gradué en fréquence
Une largeur se lit comme une fréquence
Le cadran du module place son aiguille au rang du multiple, pas à sa valeur. La position de l’aiguille répond donc à une question de fréquence, celle de la part des clôtures passées qui se trouvent en dessous du multiple actuel.
Ce choix vient d’un constat de lecture. Un œil interprète la largeur d’un secteur comme une probabilité, un cadran ne sait guère dire autre chose, et une zone large passe pour une zone fréquente.
L’échelle en valeur trompait l’œil
La première version du cadran était graduée en multiple, sur une échelle logarithmique allant de 0,4 à 4. Elle était juste et elle induisait en erreur. La zone basse y occupait près du tiers du demi-cercle alors qu’elle ne représente que 17 % du passé, et la zone au-dessus de 2,4 y paraissait aussi vaste que la zone neutre, pour cinq pour cent du temps contre quarante et un.
Sur une échelle de rang, la largeur d’une zone est exactement sa part du passé. La géométrie et les chiffres disent alors la même chose, alors que la version précédente les opposait.
Les bornes restent écrites à leur valeur
Les quatre bornes du cadran, 0,8, 1, 1,5 et 2,4, gardent leur valeur de multiple, inscrite à l’intérieur de l’arc à l’endroit exact où leur rang les place. Le lecteur obtient donc les deux grandeurs sans que l’une contredise l’autre, la valeur qui sépare deux zones et la fréquence qui les dimensionne.
Un rang vaut toujours de zéro à cent, si bien que l’aiguille ne peut plus sortir du cadran. L’échelle en valeur obligeait à la coller contre une butée dès que le multiple dépassait 4, situation survenue pendant quatre-vingt-onze jours en 2011 et 2013.

Quinze ans de mesures, cycle par cycle
Le plus haut et le plus bas tiennent dans la même année
Le record du multiple de Mayer est de 13,56, atteint le 9 juin 2011, quand le cours valait 31,81 $ pour une moyenne 200 jours à 2,35 $. Son plus bas, 0,236, date du 22 novembre de la même année, cent soixante-six jours plus tard seulement.
Entre les deux extrêmes, le rapport est de cinquante-sept. Aucune autre année n’a approché une telle amplitude, et l’activité de 2011 ne ressemble en rien à celle d’aujourd’hui, avec une poignée de plateformes, quelques millions de dollars échangés et aucun instrument dérivé.
Des sommets qui s’écrasent d’un cycle à l’autre
Chaque cycle du bitcoin produit un sommet de multiple plus bas que le précédent, et la mesure est sans ambiguïté. Le tableau reprend les cycles délimités par les quatre halvings, avec le sommet et le creux du multiple dans chacun.
| Cycle | Sommet du multiple | Date | Creux | Date |
|---|---|---|---|---|
| avant le 1er halving | 13,56 | 9 juin 2011 | 0,24 | 22 nov. 2011 |
| 2012 à 2016 | 8,22 | 10 avril 2013 | 0,40 | 15 janv. 2015 |
| 2016 à 2020 | 3,72 | 17 déc. 2017 | 0,51 | 15 déc. 2018 |
| 2020 à 2024 | 2,82 | 9 janv. 2021 | 0,48 | 19 juin 2022 |
| depuis avril 2024 | 1,53 | 17 déc. 2024 | 0,61 | 6 févr. 2026 |
La dernière ligne porte sur un cycle en cours, ses deux valeurs peuvent donc encore bouger. Le halving du Bitcoin sert ici de borne parce qu’il découpe l’histoire en tranches comparables, pas parce qu’il expliquerait ces chiffres.
Les creux remontent aussi
Le mouvement joue dans les deux sens, et le plancher du multiple s’élève de cycle en cycle, de 0,24 en 2011 à 0,61 en février 2026. L’écart entre le sommet et le creux d’un même cycle est tombé de cinquante-sept à moins de trois.
Cette compression accompagne la maturation du bitcoin. Plus la capitalisation grossit, plus il faut de capitaux pour éloigner le cours de sa moyenne, et les mouvements qui doublaient un multiple en trois semaines en 2011 n’y parviennent plus.
Plus rien au-dessus de 2,4 depuis le 14 mars 2021
Le multiple n’a plus dépassé 2,4 depuis le 14 mars 2021, soit plus de cinq ans. Il n’a même plus atteint 1,5 depuis le 18 décembre 2024, alors que le cours a inscrit deux records dans l’intervalle, en mars 2024 puis en octobre 2025.
Le seuil qui servait à signaler les sommets de cycle a donc cessé de se déclencher pendant que les sommets, eux, continuaient d’arriver. Un indicateur dont le repère principal dort depuis cinq ans mérite les réserves qui suivent.

Les limites du multiple de Mayer
Il ne prédit rien
Le multiple de Mayer est une mesure de position, pas une prévision. Il dit où se tient le cours par rapport à son propre passé récent, il ne dit rien de la suite, et un multiple bas n’est pas plus une occasion qu’un multiple haut n’est un avertissement.
La nuance compte parce que la littérature sur l’indicateur mélange souvent les deux. Un chiffre qui a coïncidé avec des retournements par le passé garde le droit de ne plus jamais coïncider avec aucun.
Sa référence bouge avec le cours qu’elle juge
La moyenne 200 jours n’est pas un point fixe, elle se calcule à partir du cours qu’elle sert à situer. Quand le cours monte durablement, la moyenne monte derrière lui et le multiple redescend vers 1 sans qu’aucun retournement ne se produise.
La mesure donne l’ordre de grandeur du décalage. Depuis 2016, la moyenne 200 jours d’une journée donnée correspond en niveau au cours d’environ cent jours plus tôt. Sa vitesse propre dépend entièrement de l’époque, puisqu’elle a gagné 2 473 % en 2013 et 50 % en 2025.
Il ignore tout ce qui n’est pas le cours
Le multiple ne prend en compte ni les volumes échangés, ni les mouvements de fonds vers les plateformes, ni l’activité de la chaîne, ni les positions à effet de levier. Deux journées de même multiple peuvent recouvrir une hausse calme et un krach en cours, puisque la division donne le même résultat dans les deux cas.
Il n’est pas non plus un indicateur on-chain, contrairement à plusieurs sources francophones. Il ne lit aucune donnée de la blockchain, seulement une série de prix, et il relève donc de l’analyse technique classique.
Ses seuils viennent d’un marché qui n’existe plus
Le seuil de 2,4 a été calibré sur les cycles de 2011 à 2017, quand le multiple montait au-delà de 3 à chaque sommet. Les deux derniers cycles ont culminé à 2,82 puis 1,53, si bien que le seuil se situe aujourd’hui au-dessus des sommets que les cycles récents produisent encore.
21radar conserve les bornes d’origine plutôt que de les réajuster, pour deux raisons. Des seuils recalibrés à chaque cycle ne se compareraient plus d’une année sur l’autre, et le cadran en percentile donne déjà la lecture relative qui manque à une borne fixe.

Le multiple face aux indicateurs voisins
Tous comparent une grandeur à une référence
Le multiple de Mayer appartient à une famille d’indicateurs bâtis sur le même principe, une grandeur du moment divisée par une référence tirée du passé. Leur différence tient au dénominateur, et il change complètement la question posée.
| Indicateur | Le rapport calculé | Proposé par |
|---|---|---|
| Multiple de Mayer | le cours, sur sa moyenne 200 jours | Trace Mayer |
| MVRV Z-Score | l’écart entre capitalisation de marché et capitalisation réalisée, sur son écart type | Murad Mahmudov et David Puell, 2018 |
| Puell Multiple | le revenu quotidien des mineurs, sur sa moyenne 365 jours | David Puell, mars 2019 |
| Pi Cycle Top | la moyenne 111 jours, comparée au double de la moyenne 350 jours | Philip Swift, avril 2019 |
Le dénominateur fait tout
Le multiple de Mayer se contente du cours, d’où sa simplicité et sa faiblesse. Les trois autres vont chercher leur référence ailleurs, dans le prix d’acquisition des détenteurs pour le MVRV, dans l’économie des mineurs pour le Puell, dans un second réglage de moyenne pour le Pi Cycle.
Aucun de ces indicateurs ne corrige les défauts d’un autre, et les empiler ne produit pas une lecture plus sûre. Ils répondent à des questions différentes, et le multiple de Mayer répond à la plus étroite d’entre elles.
Dollars ou euros, le multiple change à peine
Le multiple calculé en euros et le même calculé en dollars ne diffèrent que de 0,022 en médiane sur toute l’histoire mesurée. Depuis 2015, leur écart maximal atteint 0,14, quand le multiple lui-même évolue entre 0,48 et 2,82 sur la même période.
La raison tient au rapport des vitesses. Le taux de change euro-dollar varie de quelques pour cent sur deux cents jours, là où le bitcoin varie de dizaines de pour cent, si bien que la devise d’affichage disparaît presque entièrement dans la division. Le module donne les deux, et le sélecteur du bandeau haut change l’ensemble du tableau de bord Bitcoin.

Questions fréquentes sur le multiple de Mayer
Comment calculer le multiple de Mayer soi-même ?
Il faut deux cents clôtures quotidiennes consécutives, leur moyenne arithmétique, et le cours du jour à diviser par cette moyenne. Un tableur suffit, à condition de prendre des clôtures de journées entières en temps universel et de ne jamais mélanger deux sources de prix dans la même série, sans quoi la moyenne hérite des écarts entre plateformes.
Quelle valeur du multiple de Mayer est considérée comme haute ?
Les seuils usuels placent le haut de l’échelle à partir de 1,5 et le franchissement du plafond de Trace Mayer à 2,4. Ces bornes sortent d’un test rétrospectif ancien et n’ont aucune valeur normative, d’où le choix de 21radar d’afficher aussi le rang du multiple, une mesure qui ne dépend d’aucun seuil.
Le multiple de Mayer est-il un indicateur on-chain ?
Non, et plusieurs pages francophones se trompent sur ce point. L’indicateur ne lit aucune donnée de la blockchain, ni les transactions, ni les adresses, ni l’activité des mineurs. Il se calcule uniquement à partir d’une série de prix, au même titre qu’une moyenne mobile ordinaire.
Le multiple de Mayer fonctionne-t-il encore ?
Il continue de mesurer la même chose qu’au premier jour, l’écart du cours à sa moyenne 200 jours, et cette mesure garde toute son exactitude. Ses seuils historiques, en revanche, ne se déclenchent plus, puisque le multiple n’a plus dépassé 2,4 depuis mars 2021 ni atteint 1,5 depuis décembre 2024, alors que le cours inscrivait deux records dans l’intervalle.
Le multiple de Mayer s’applique-t-il à d’autres actifs ?
Le calcul fonctionne sur n’importe quelle série de prix, et des versions existent pour l’ether ou pour des actions. Les seuils, eux, ne se transposent pas, puisqu’ils ont été calibrés sur la volatilité du bitcoin des années 2010. Sur un actif moins volatil, un multiple de 1,5 correspond à un mouvement d’une tout autre ampleur, et les spécialistes que recense notre sélection de comptes X crypto et Bitcoin publient régulièrement ces déclinaisons.
Chiffres mesurés le 11 septembre 2026 sur les clôtures quotidiennes de 21radar, du 18 août 2010 au 10 septembre 2026. Le multiple de Mayer se calcule à partir du 5 mars 2011, deux cents clôtures après le début de la série.