
Mis à jour le 12 septembre 2026
Cette page explique le calcul, ce que montrent les grands creux de chaque cycle, le temps que dure une traversée, et ce que l’indicateur ne dit pas. Tous les chiffres qu’elle avance ont été mesurés sur les clôtures quotidiennes publiées par 21radar, et le graphique qui suit se calcule en direct sur les mêmes données.
L’écart au record, du calcul à la lecture
Une division, et une règle
L’écart au record divise le cours du jour par le plus haut que le bitcoin ait atteint avant lui, et retranche un. Le résultat s’écrit en pour cent et ne peut jamais être positif : le jour où le cours dépasse l’ancien record, c’est le record qui monte, et l’écart revient à zéro.
Le chiffre se lit sans conversion. À 0 %, le bitcoin inscrit un record. À −20 %, il a perdu un cinquième de son plus haut. À −50 %, il en vaut la moitié. Sur les marchés, cette mesure porte le nom de drawdown ; le site l’appelle par ce qu’elle décrit, l’écart au record.
Le record se mesure sur toute l’histoire, jamais sur la période affichée
C’est la règle qui décide de tout le reste. Le record retenu pour un jour donné est le plus haut atteint depuis la première clôture de la série, et non le plus haut de la fenêtre qu’on regarde. Changer la période affichée change donc ce qu’on montre, jamais ce qu’on mesure : sur trente jours comme sur seize ans, l’écart du jour reste calculé contre le record du 7 octobre 2025.
L’autre choix existe, et il donne un autre indicateur : un écart calculé depuis le début de la fenêtre vaudrait zéro au premier jour affiché, et n’aurait plus rien à voir avec le record du bitcoin. Le module de cette page suit la première règle, comme le fait la moyenne 200 jours du multiple de Mayer, qui se calcule sur l’historique entier et s’affiche sur la période demandée.
Trois conventions, et elles se disent
Le calcul n’a qu’une division, mais il dépend de trois conventions, qui expliquent qu’un même jour donne parfois deux valeurs légèrement différentes d’un site à l’autre :
- des clôtures quotidiennes, jamais un prix intrajournalier : un creux touché en séance et rattrapé avant minuit n’apparaît pas
- des journées comptées en temps universel, d’un minuit à l’autre
- le record en vigueur ce jour-là, celui qui était connu à la date lue, et non le record d’aujourd’hui appliqué au passé
La troisième est la moins évidente et la plus importante, car elle donne à lire l’histoire telle qu’elle s’est vécue. Le 15 janvier 2015, l’écart valait −84,9 % ; le record qu’il mesurait valait 1 137 $, et non 124 777 $.
Un exemple, le 1er juillet 2026
Le 7 octobre 2025, le bitcoin a inscrit son record à 124 777 $. Le 1er juillet 2026, il cotait 58 534 $. La division donne 0,469, soit un écart de −53,1 %, le plus bas de la traversée en cours à la date de cette page. Entre les deux, le record n’a pas bougé d’un dollar : c’est le cours qui s’en est éloigné.

Les grands creux du bitcoin, un par cycle
Depuis le 18 août 2010, le bitcoin a inscrit un record sur 263 clôtures, et il est revenu à son plus haut 87 fois après l’avoir quitté. La plupart de ces traversées sont insignifiantes : 69 sur 87 ne sont jamais descendues sous −20 %, et la moitié d’entre elles ont duré moins de cinq jours. Ce sont les autres qui font l’histoire du bitcoin.
Huit traversées achevées sous la moitié du record
Les quatre plus profondes ferment chacune un cycle, et toutes suivent le même dessin : un record, une chute qui dure des mois, un plus bas, puis une remontée plus longue que la chute.
| Record du | Plus bas | Touché le | Retour au record | Durée |
|---|---|---|---|---|
| 16 septembre 2010 | −60,0 % | 17 septembre 2010 | 25 octobre 2010 | 39 jours |
| 8 novembre 2010 | −55,3 % | 11 décembre 2010 | 31 janvier 2011 | 84 jours |
| 11 juin 2011 | −93,2 % | 22 novembre 2011 | 2 mars 2013 | 630 jours |
| 10 avril 2013 | −70,6 % | 17 avril 2013 | 6 novembre 2013 | 210 jours |
| 5 décembre 2013 | −84,9 % | 15 janvier 2015 | 24 février 2017 | 1 177 jours |
| 17 décembre 2017 | −83,2 % | 16 décembre 2018 | 1er décembre 2020 | 1 080 jours |
| 14 avril 2021 | −53,1 % | 21 juillet 2021 | 20 octobre 2021 | 189 jours |
| 9 novembre 2021 | −76,7 % | 22 novembre 2022 | 5 mars 2024 | 847 jours |
La traversée ouverte le 7 octobre 2025 ne figure pas dans ce tableau : elle n’est pas finie, et une traversée en cours n’a pas de durée, seulement un âge. Au 10 septembre 2026, elle durait 339 jours et son plus bas était de −53,1 %, touché le 1er juillet 2026. Huit traversées ont été plus profondes, quatre ont été plus longues.
Ce que les grandes dates disent de ces creux
Les événements que le site date sur la page des dates clés du Bitcoin tombent dans ces traversées, et rarement là où on les attend.
La faillite de MtGox, le 28 février 2014, arrive au milieu de la plus longue d’entre elles : l’écart valait déjà −48,7 % ce jour-là, et le plus bas n’est venu que trois cent vingt et un jours plus tard. Le jeudi noir du Covid, à l’inverse, tient en une clôture : entre le 12 et le 13 mars 2020, l’écart est passé de −58,8 % à −74,9 %.
La faillite de FTX, le 11 novembre 2022, n’a pas ouvert le creux de son cycle, elle l’a fermé : l’écart valait −74,0 % le jour de l’annonce, et il a touché son plus bas onze jours plus tard, à −76,7 %. Un an et deux mois après, le 10 janvier 2024, les premiers fonds indiciels au comptant américains étaient autorisés alors que l’écart valait encore −31,7 % ; le record est tombé cinquante-cinq jours plus tard.

Quatre zones, et le temps passé dans chacune
Des repères de distance, pas des seuils de marché
Le module partage l’écart en quatre zones, et la barre sous le graphique donne la part de l’histoire passée dans chacune. Les bornes se lisent sans calcul, à un dixième, un cinquième et la moitié du record.
| Zone | De | À | Jours | Part de l’histoire |
|---|---|---|---|---|
| au contact du record | 0 % | −10 % | 908 | 15,5 % |
| juste en dessous | −10 % | −20 % | 487 | 8,3 % |
| nettement en dessous | −20 % | −50 % | 1 719 | 29,3 % |
| à moins de la moitié | −50 % | le plus bas | 2 755 | 46,9 % |
La zone la plus sombre est la plus fréquente
C’est le résultat contre-intuitif de cette page, et il vaut d’être posé sans détour : le bitcoin a passé 46,9 % de son histoire à plus de 50 % sous son record. Près d’un jour sur deux.
Le corollaire est plus rude encore. Sur 5 869 clôtures, 263 seulement sont des records, soit 4,5 % du temps, et neuf années civiles sur dix-sept n’en comptent aucun : 2012, 2014, 2015, 2016, 2018, 2019, 2022, 2023, et 2026 jusqu’ici.
C’est pour cela que la couleur des zones dit la profondeur et non la rareté. Donner la teinte de l’exception à la zone où le bitcoin vit le plus ferait dire à l’image le contraire de ce que mesure la donnée.
Le temps passé sous un seuil
| Sous ce seuil | Jours | Part de l’histoire |
|---|---|---|
| −10 % | 4 961 | 84,5 % |
| −20 % | 4 474 | 76,2 % |
| −30 % | 4 098 | 69,8 % |
| −50 % | 2 755 | 46,9 % |
| −70 % | 1 017 | 17,3 % |
| −80 % | 406 | 6,9 % |
| −90 % | 58 | 1,0 % |
La lecture se fait de haut en bas. Le bitcoin a passé plus de huit jours sur dix à au moins 10 % sous son record, et cinquante-huit jours seulement, un pour cent de son histoire, à plus de 90 % en dessous. Ces cinquante-huit jours sont tous tombés entre le 19 octobre et le 19 décembre 2011.

Combien de temps dure une traversée
La descente est plus courte que la remontée
Les quatre grandes traversées ont le même profil, et c’est le seul point sur lequel elles se ressemblent vraiment. La chute jusqu’au plus bas a pris de cinq mois et demi à treize mois et demi ; le retour au record, de quinze mois à plus de vingt-cinq.
En 2013-2017, quatre cent six jours de chute et sept cent soixante et onze de remontée. En 2017-2020, trois cent soixante-quatre puis sept cent seize. En 2021-2024, trois cent soixante-dix-huit puis quatre cent soixante-neuf. Et en 2011-2013, cent soixante-quatre jours pour descendre de 93 %, quatre cent soixante-six pour revenir.
Mille cent soixante-dix-sept jours, le record de durée
La plus longue traversée achevée court du 5 décembre 2013 au 24 février 2017 : mille cent soixante-dix-sept jours, soit trois ans et près de trois mois sans un seul record. Elle contient la faillite de MtGox, un plus bas à −84,9 %, et trois années civiles entières — 2014, 2015 et 2016 — sans que le bitcoin approche une seule fois son plus haut.
Les traversées courtes sont bien plus nombreuses. Sur les 87 achevées, la moitié a duré moins de cinq jours : ce sont les respirations d’un marché qui monte, un record suivi d’un repli de quelques pour cent puis d’un autre record. Parmi les dix-huit descendues sous −20 %, la médiane monte à quatre-vingt-quatre jours.
Ce que la durée ne promet pas
Ces durées sont des relevés, pas des échéances. Quatre grands creux ne font pas une loi, et rien n’oblige le cinquième à ressembler aux précédents. La seule chose que le passé établisse, c’est que le bitcoin est revenu à son record chaque fois jusqu’ici ; l’échantillon des grandes traversées, lui, se compte sur les doigts d’une main.

Des creux de moins en moins profonds
Mis côte à côte, les quatre grands plus bas dessinent une pente : −93,2 %, puis −84,9 %, puis −83,2 %, puis −76,7 %. Chaque cycle a touché moins bas que le précédent.
La même forme apparaît en haut de cycle, sur le multiple de Mayer, dont les sommets baissent d’un cycle à l’autre. Les deux indicateurs racontent la même chose par leurs deux bouts : l’amplitude se réduit à la hausse comme à la baisse.
Une pente, pas une loi
Quatre points et trois intervalles, c’est trop peu pour une tendance, et la prudence n’est pas ici une figure de style. Entre le premier creux et le dernier, le bitcoin est passé d’un actif de niche à un actif coté sur les marchés à terme et détenu par des fonds indiciels. Ce qui a changé n’est pas seulement l’amplitude, c’est la nature de ce qu’on mesure.
L’explication la plus souvent avancée, une profondeur de marché qui s’accroît, est plausible et invérifiable sur quatre observations. Elle ne se lit pas dans cette page : elle s’y ajoute.
Le creux de 2011 s’est formé sur un marché où une seule plateforme traitait l’essentiel des échanges. Comparer son amplitude à celle de 2022 revient à comparer deux marchés, et non deux moments d’un même marché.
Ce que l’indicateur ne dit pas
Il ne prédit rien
Un écart profond a déjà été suivi d’un écart plus profond encore. Le 10 septembre 2011, le bitcoin passait sous −80 % ; il a perdu treize points de plus avant de toucher son plus bas, deux mois et demi après. L’indicateur dit où l’on est par rapport au passé, jamais où l’on va.
Il dépend de la monnaie
En euros, les mêmes clôtures donnent d’autres chiffres, parce que le taux de change bouge entre le jour du record et le jour lu. Le creux de 2011 y vaut −92,7 % au lieu de −93,2 %. Surtout, le classement change : en euros, le creux de 2017 est un dixième de point plus profond que celui de 2013, alors qu’en dollars deux points les séparent dans l’autre sens. Le module recalcule tout dans la devise choisie.
Il regarde en arrière par construction
Le record ne peut que monter. Un indicateur borné par un plus haut passé est donc, par construction, une mesure de ce qui a déjà eu lieu, et il ne se met à jour que le jour du record suivant.
Le passé qu’on lit est celui d’un survivant
Le bitcoin est revenu à son record chaque fois. Des milliers d’actifs numériques nés dans la même période ne sont jamais revenus au leur, et ils ne figurent dans aucune de ces séries. Lire « il revient toujours » dans ce tableau, c’est lire une propriété du bitcoin dans un échantillon qui ne contient que lui.
Ce que l’écart au record n’est pas
Le multiple de Mayer compare à une référence mobile
Le multiple de Mayer divise le cours par sa moyenne des deux cents derniers jours. Sa référence avance avec le cours ; celle de l’écart au record ne redescend jamais. Les deux peuvent donc dire des choses opposées le même jour : le 7 octobre 2025, l’écart au record valait 0 %, un record par définition, pendant que le multiple valait 1,18, c’est-à-dire un cours qui ne dépassait sa propre moyenne que de dix-huit pour cent.
Le drawdown des marchés, sous un autre nom
La mesure est celle que la finance appelle drawdown, et plus précisément drawdown courant : la distance au plus haut atteint jusqu’ici. Sa voisine, le maximum drawdown, ne retient que le pire de la période et se résume à un seul nombre ; celle-ci se lit jour par jour, ce qui est tout l’intérêt d’une série.
Ni un signal, ni une valorisation
L’écart au record ne dit rien de la valeur du bitcoin. Il ne connaît ni l’offre, ni le réseau, ni la demande : il ne connaît que deux prix, celui du jour et le plus haut d’avant. C’est ce qui le rend lisible d’un coup d’œil, et c’est ce qui le rend insuffisant seul. Le tableau de bord du cours du bitcoin porte les autres.

Questions fréquentes
Quel est le record du bitcoin ?
Le plus haut atteint en clôture quotidienne est de 124 777 $ le 7 octobre 2025, et de 106 958 € le même jour. Le module de cette page et celui du cours du bitcoin affichent le record en vigueur et l’écart du moment, recalculés à chaque relevé.
Combien de temps le bitcoin passe-t-il sous son record ?
Sur 5 869 clôtures quotidiennes depuis le 18 août 2010, 263 sont des records, soit 4,5 % du temps. Tout le reste se passe en dessous, et près d’un jour sur deux à plus de 50 % sous ce plus haut.
Quelle a été la pire chute du bitcoin ?
Le plus fort écart mesuré est de −93,2 %, le 22 novembre 2011, contre un record de 33,80 $ inscrit le 11 juin de la même année. Il a fallu six cent trente jours pour revenir à ce record, le 2 mars 2013.
Un écart de −50 % est-il un signal d’achat ?
Rien dans cette page ne permet de le dire. Le bitcoin a passé 46,9 % de son histoire sous ce niveau, il y est descendu jusqu’à −93,2 %, et un écart profond a déjà été suivi d’un écart plus profond. L’indicateur situe, il ne recommande pas.
Pourquoi l’écart n’est-il pas le même en euros et en dollars ?
Parce que le taux de change bouge entre le jour du record et le jour lu. Les deux séries ont leur propre plus haut et leur propre écart, et l’ordre des grands creux n’y est pas le même : en euros, la chute de 2017 a été légèrement plus profonde que celle de 2013, l’inverse du classement en dollars.
Chiffres mesurés le 12 septembre 2026 sur les clôtures quotidiennes de 21radar, du 18 août 2010 au 10 septembre 2026. L’écart au record existe dès la première clôture de la série, où il vaut zéro par construction.