Le bitcoin et l’or, le rapport entre les deux et ce qu’il mesure vraiment

Un bitcoin vaut aujourd’hui un certain nombre d’onces d’or. Ce nombre se calcule en divisant le cours du bitcoin par le prix de l’once, et il a de la mémoire, puisqu’il valait moins d’un tiers d’once fin 2014 et près de quarante fin 2024. C’est la mesure la plus simple qu’on puisse faire des deux actifs, et c’est aussi celle qui raconte le mieux leur histoire commune.

Mis à jour le 14 septembre 2026

Un bitcoin vaut aujourd’hui un certain nombre d’onces d’or. Ce nombre se calcule en divisant le cours du bitcoin par le prix de l’once, et il a de la mémoire, puisqu’il valait moins d’un tiers d’once fin 2014, près de quarante fin 2024. C’est la mesure la plus simple qu’on puisse faire des deux actifs, et c’est aussi celle qui raconte le mieux leur histoire commune.

Cette page réunit ce que la donnée dit vraiment de ce rapport, et ce qu’elle ne dit pas. Vous y trouverez le calcul, les grandes étapes du ratio depuis 2010, la comparaison des deux capitalisations, et une mesure que la plupart des comparaisons entre bitcoin et or omettent, leur corrélation réelle, chiffrée sur seize ans.

Ce que mesure le rapport entre le bitcoin et l’or

Le rapport se lit dans les deux sens. Divisez le cours du bitcoin par le prix de l’once d’or et vous obtenez le nombre d’onces qu’un bitcoin achète. Inversez la division et vous obtenez la fraction de bitcoin qu’une once permet d’acheter. La première lecture est plus parlante parce que le nombre reste supérieur à un depuis 2017.

Cette division a une propriété utile, elle efface la monnaie. Quand le dollar perd de la valeur, le bitcoin et l’or montent tous les deux, et le rapport ne bouge pas. Ce qu’il montre, c’est le mouvement de l’un par rapport à l’autre, débarrassé de l’unité dans laquelle on les compte. Un investisseur qui détient les deux lit là ce qu’il gagnerait à échanger l’un contre l’autre.

Le prix de l’or retenu ici

L’or n’a pas de cours unique et continu comme une action. Le prix de référence du marché est le fixing de la London Bullion Market Association, établi deux fois par jour ouvré à Londres depuis 1968. C’est celui que ce site emploie, dans sa version de l’après-midi, et il est publié en accès libre.

Une conséquence tient à retenir avant de lire n’importe quel graphique qui compare les deux, car l’or ne cote ni le samedi, ni le dimanche, ni les jours fériés londoniens, quand le bitcoin s’échange sans interruption. Sur une fenêtre courte, un ratio quotidien porte donc un palier de deux jours par semaine, qui n’est pas un mouvement de marché mais une absence de cotation. C’est pourquoi le module ci-dessous ne descend pas sous le mois.

Le graphique est en échelle logarithmique, et ce n’est pas un raffinement, puisque le rapport est passé de cinq dix-millièmes d’once en 2010 à plus de quarante en 2024, un facteur de quatre-vingt mille. En échelle linéaire, tout ce qui précède 2017 s’écraserait sur l’axe.

Seize ans d’histoire du rapport, étape par étape

Le ratio a franchi l’once pour la première fois à l’automne 2017, au cœur de la première grande vague d’achat du bitcoin par le grand public. Avant cette date, un bitcoin s’échangeait contre une fraction d’once, et la comparaison relevait plus de la curiosité que de la finance.

Fin d’annéeOnces d’or pour 1 bitcoinPoint haut de l’annéeCe qui s’est joué
20140,30,7Le bitcoin sort de la faillite de Mt. Gox
20160,90,9La veille du premier grand cycle
201711,915,0Le bitcoin franchit l’once puis la dizaine en quelques mois
20182,812,3L’hiver crypto ramène le rapport sous trois onces
202014,514,5Les premiers achats d’entreprises cotées
202125,737,1Deux sommets de cycle, en avril puis en novembre
20229,125,6La chute des plateformes divise le rapport par trois
202435,940,3Les fonds indiciels américains, et le record du rapport

Le record du rapport date du 18 décembre 2024, à 40,3 onces d’or pour un bitcoin. Il n’a pas été établi le jour du record du bitcoin en dollars, et c’est instructif, car les deux records ne coïncident que si l’or reste immobile pendant que le bitcoin monte.

Ce que la période récente a changé

Depuis ce record, le rapport a reculé de plus de moitié, alors que le bitcoin n’a perdu qu’environ un tiers de sa valeur en dollars sur la même période. La différence vient de l’or, qui a établi ses propres records pendant ce temps. Un actif peut donc baisser modérément dans une monnaie et fortement contre un autre actif, et c’est exactement ce que le rapport rend visible et ce qu’un graphique de prix en dollars cache.

Pour savoir où se situe le bitcoin par rapport à son propre passé plutôt que par rapport à l’or, deux autres mesures de ce site répondent, l’écart au record et le multiple de Mayer.

Comparer les capitalisations plutôt que les prix

Comparer un prix unitaire a ses limites, parce qu’un bitcoin et une once n’existent pas dans les mêmes quantités. La comparaison qui intéresse la plupart des gens porte plutôt sur la masse totale, c’est-à-dire ce que pèse l’ensemble des bitcoins face à l’ensemble de l’or.

Le calcul demande deux quantités. Du côté du bitcoin, le nombre d’unités en circulation est connu au bloc près, puisqu’il découle des règles d’émission fixées à l’origine et rythmées par le halving. Du côté de l’or, on parle du stock extrait depuis l’Antiquité, que le World Gold Council estime à environ 222 600 tonnes à la fin du deuxième trimestre 2026.

Ce stock est une estimation, pas une mesure. Personne ne compte l’or du monde, on additionne plutôt la production minière connue depuis que les registres existent, et l’incertitude porte surtout sur l’or antique. Aucune source ouverte ne publie ce chiffre en continu, c’est la seule donnée de ce site révisée à la main.

Le résultat de cette division se lit sur la carte ci-dessus, dans les deux lignes de capitalisation. À titre de repère, il faudrait que le bitcoin soit multiplié par un facteur à deux chiffres pour que les deux masses s’égalent, à quantités constantes des deux côtés. Ce n’est pas une prévision et personne ne peut en faire une, car c’est une division dont le résultat change chaque jour avec les deux prix.

Pourquoi ce site n’en fait pas un second graphique

Le rapport des capitalisations et le rapport des prix dessinent presque la même courbe. La raison est arithmétique, puisque passer de l’un à l’autre revient à multiplier par le rapport des quantités, or l’offre de bitcoins augmente de moins de 1 % par an et le stock d’or d’environ 1,4 %. Mesurées sur les deux courbes en échelle logarithmique depuis 2010, elles se suivent à 0,9996, et à 0,9999 depuis 2018.

Deux graphiques auraient donc affiché le même dessin à un coefficient près. La part de capitalisation reste, mais comme lecture de l’instant, dans les disques de la carte, quand la courbe garde l’histoire.

La corrélation entre le bitcoin et l’or, mesurée

Beaucoup de comparaisons entre les deux actifs affirment qu’ils se ressemblent ou qu’ils s’opposent, sans jamais donner de chiffre. La mesure est pourtant simple à faire, et elle donne une réponse nette.

Sur les 4 027 jours où les deux ont coté ensemble, du 18 août 2010 au 11 septembre 2026, la corrélation de leurs variations quotidiennes vaut 0,033. C’est-à-dire à peu près rien, car une corrélation de zéro signifie que connaître le mouvement de l’un n’apprend strictement rien sur celui de l’autre.

On pourrait croire que cette moyenne cache des périodes d’alignement fort. En calculant la corrélation sur une fenêtre glissante de quatre-vingt-dix jours, on obtient le contraire :

  • elle reste comprise entre −0,32 et +0,30 sur toute la période
  • elle se tient sous 0,2 en valeur absolue 89 % du temps
  • elle n’a jamais dépassé 0,4 en seize ans, pas une seule fois

Les médianes annuelles confirment l’absence de tendance durable. Elles oscillent autour de zéro d’une année sur l’autre, avec un maximum de +0,18 en 2026 et un minimum de −0,04 en 2016. Aucune année ne sort du lot.

Ce que ce résultat implique

Deux actifs dont les variations ne sont pas corrélées ne se remplacent pas l’un l’autre, et ne se confirment pas non plus. L’expression « or numérique » décrit une intention, une rareté programmée et une durée de conservation, elle ne décrit pas un comportement de marché commun. Sur les mouvements quotidiens, les deux vivent leur vie séparément.

C’est aussi la raison pour laquelle ce site ne publie pas de module de corrélation. Un graphique qui tremblerait autour de zéro en permanence répondrait toujours la même chose, et un indicateur qui ne varie pas n’apprend rien à celui qui le consulte.

Ce qui sépare réellement les deux

Puisque le marché ne les traite pas de la même façon, autant regarder ce qui les distingue vraiment. Quatre différences structurent tout le reste.

OrBitcoin
Quantité totaleInconnue, elle augmente d’environ 1,4 % par an avec la production minièrePlafonnée à 21 millions par une règle fixée en 2009
Rythme d’émissionDépend du prix, de la géologie et des coûts d’extractionFixé à l’avance, divisé par deux tous les 210 000 blocs
VérificationDemande un essai physique, un laboratoire et une chaîne de confianceSe vérifie sur un ordinateur ordinaire, en quelques secondes
TransportCoûteux, lent, assuré, contraint par les frontièresQuasi gratuit, quelle que soit la distance
AnciennetéCinq mille ans d’usage monétaireSeize ans de cotation

La dernière ligne pèse plus lourd qu’il n’y paraît. Un actif dont on n’a observé que seize années, dont deux ou trois cycles complets, n’offre pas la même base statistique qu’un métal dont on connaît le comportement sur plusieurs siècles. Toute comparaison de volatilité ou de rendement entre les deux compare des échantillons de tailles très différentes.

À l’inverse, la première ligne joue en sens contraire. Le plafond du bitcoin est connu à l’unité près et vérifiable par n’importe qui, quand la quantité d’or disponible reste une estimation révisée chaque année. Selon le critère qu’on privilégie, la certitude sur la quantité ou la durée de l’observation, on n’arrive pas à la même conclusion.

Ce que le rapport ne dit pas

Un ratio qui monte ne signifie pas que le bitcoin va bien. Il signifie qu’il fait mieux que l’or sur la période observée, ce qui arrive aussi bien quand le bitcoin monte que quand l’or baisse davantage. Les deux situations se ressemblent sur le graphique et n’ont rien à voir dans la réalité.

Trois autres limites méritent d’être connues avant de s’appuyer sur cette mesure :

  • les deux prix d’une même journée ne sont pas relevés au même instant
  • un ratio du samedi bouge uniquement parce que le bitcoin a bougé
  • ni les frais de garde, ni le risque de perte d’une clé, ni la fiscalité n’entrent dans le calcul

La première tient à l’heure de relevé, le fixing de l’après-midi étant établi à une heure fixe de Londres quand la clôture du bitcoin retenue ici est celle de minuit en temps universel. La deuxième tient aux jours de fermeture, qui reportent le dernier fixing connu. La troisième tient au coût de détention, très différent des deux côtés et qu’aucun rapport de prix ne peut refléter.

Enfin, ce rapport ne dit rien de l’avenir. C’est une photographie du passé et du présent, et son intérêt tient à sa lisibilité, pas à un quelconque pouvoir prédictif. Le détail du calcul et des sources se trouve sur la page méthode et sources.

Les mesures voisines sur ce site

Le rapport à l’or situe le bitcoin face à un autre actif. Trois autres mesures le situent face à lui-même, et elles se lisent ensemble.

L’écart au record donne la distance qui sépare le cours du jour de son plus haut historique, et le temps passé sous ce plus haut. Le multiple de Mayer rapporte le cours à sa moyenne des deux cents derniers jours, ce qui dit s’il s’éloigne ou se rapproche de son passé récent. Les dates clés du Bitcoin replacent les mouvements dans leur contexte.

Les trois répondent à des questions différentes, et aucune ne remplace les autres. Un bitcoin proche de son record en dollars peut se trouver loin de son record en onces d’or, comme la période ouverte en décembre 2024 l’a montré.

Questions fréquentes sur le bitcoin et l’or

Combien d’onces d’or vaut un bitcoin aujourd’hui ?

La valeur du jour s’affiche dans le module de cette page, recalculée à chaque mise à jour des données. Elle se lit aussi sur la page cours du bitcoin du site, dans la même catégorie.

Le bitcoin est-il vraiment l’or numérique ?

L’expression décrit une intention, pas un comportement de marché. La corrélation entre les variations quotidiennes des deux actifs vaut 0,033 sur seize ans, ce qui revient à dire qu’ils bougent indépendamment l’un de l’autre.

Quelle est la capitalisation de l’or par rapport à celle du bitcoin ?

Les deux montants figurent sur la carte de cette page, avec la part que le bitcoin représente. L’or repose sur un stock estimé à 222 600 tonnes, le bitcoin sur un nombre d’unités connu exactement.

Pourquoi le rapport baisse-t-il alors que le bitcoin monte ?

Parce que l’or monte davantage sur la même période. Le rapport mesure une performance relative, donc il recule dès que l’or progresse plus vite, même quand les deux gagnent du terrain.

D’où vient le prix de l’or utilisé ici ?

Du fixing de l’après-midi de la London Bullion Market Association, publié chaque jour ouvré depuis 1968 et accessible librement. Les jours de fermeture reportent le dernier fixing connu.

Toutes les valeurs de cette page se recalculent à chaque mise à jour des données, trois fois par jour pour le bitcoin et à chaque fixing pour l’or. Les mesures historiques citées dans le texte ont été établies le 14 septembre 2026 sur la série complète depuis le 18 août 2010.